Karin Et David - Louisiane

mercredi, le 25 janvier 2006, 19h40

Lake Charles au quotidien

e t paf !
Je refais un saut dans le passé... ça devient tout doucement ma « marque de fabrique » on dirait. Vous ne m’en voudrez pas j’espère, chers lecteurs ? ;-)

d imanche 11 décembre 2005

David et moi pouvons dire que nous avons tous les deux passé une bonne semaine !

David s’est bien amusé à l’école. Saint-Nicolas est même venu ! ;-)
Lundi, la veille de l’arrivée du Grand Patron, quelques mamans d’élèves, les profs de français pendant leurs heures de « fourche » et moi avons rempli un sachet de bonbons par élève, soit 650 sachets. Nancy (collègue belge de David), qui avait été pendant les vacances de Thanksgiving en Belgique, est revenue au pays des marshmallows les valises pleines de spéculoos, guimauves et petits nic-nac avec une « tute » de sucre colorée dessus. Tous les élèves de cette école ont eu droit à un sachet de sucreries et une photo de classe avec Saint-Nicolas. Il ne manquait plus que les mandarines d’Espagne, l’âne et le Père Fouettard... Ce dernier n’est pas vraiment le bienvenu dans le pays du politiquement correct !

Quand je suis venue chercher David après l’école, j’ai croisé des élèves avec leurs parents qui racontaient comment s’était passée la journée. « Et on a même parlé en français à Saint-Nicolas ! » (en anglais dans le texte). Certains élèves ont dû dire : « merci ». Ici, ils ne connaissent pas cette fête, je ne sais pas très bien si notre coutume a été expliquée dans toutes les classes, mais bon, ce n’est pas le principal, hein ?!

De mon côté, je ne vais plus au cours d’anglais. J’allais trois fois par semaine à un cours d’anglais pour étrangers. Le positif est que c’est gratuit et qu’on rencontre principalement des femmes d’un peu partout dans le monde. Ben oui, les hommes travaillent. Le côté négatif, c’est que je n’ai pas appris grand-chose étant donné que la prof essayait de satisfaire un maximum de personnes. J’irai encore demain, au lunch de Noël et puis, basta cosi!

Ces cours se donnent la matinée (de 9 à 11h30) dans une énooorme église et le soir dans un local de l’université de Lake Charles. Mais depuis les destructions de Rita, les cours du soir se donnent à la bibliothèque. Ce n’est donc pas un cours organisé par l’église. C’est bel et bien le « Schoolboard » de la paroisse de Calcasieu qui est responsable de cette formation pour adultes. Donc, interdiction de parler religion ! Ouf!


Encore un petit morceau de bâche bleue qui dépasse

L’église, où se donnent les cours le matin, est une église Baptiste, un des cultes les plus présents dans le coin, j’ai l’impression. Et aussi un de cultes les plus riches on dirait. Cette église a pour $ 1,000,000 de dégâts dus à l’ouragan Rita.
Eh bien, pas de problème, les travaux ont commencé depuis longtemps et ça va vite ! Comme quoi, ce ne sont pas les fidèles de cette église qui iront à la messe dans une roulotte... Cette même église abrite donc des locaux pour nos cours d’anglais, et à côté de ça, il y a plusieurs locaux de type « réunions » pour les madames « chics » du coin qui viennent à leurs cours de Bible ou leurs réunions des copines qui chantent toutes ensemble pendant que monsieur gagne les sous. Et ces chants traversent tous les murs... c’est peut-être normal ? Un matin où on avait cours, j’ai été fermer toutes les portes entre leur local et le nôtre et rien à faire, on les entendait encore, peut-être à travers les tuyauteries ?

Bref : locaux de cours et réunion, crèche de luxe (vraiment la classe !), salle de sport avec un mur d’escalade, des jeux pour enfants (genre tuyaux / toboggans), deux terrains de basket avec gradins, une piste de jogging ou de marche de 1/8 Mile de long au premier étage (je vais encore la tester), deux salles pour les « jeunes » avec une petite scène (j’ai même vu une batterie, ça doit parfois être la folie, là !;-), un bar, des ordinateurs, une table de ping-pong, un kicker (en belge dans le texte), et puis il ne faut pas oublier les bureaux de l’administration et la grande salle centrale où se disent les messes... et tout ça sous un même GRAND toit vert ! Et le pire, c’est qu’elle est vraiment moche, cette église !


Vendredi 6 janvier 2006

Je vais essayer de clôturer ce texte avant de vous parler de nos vacances texanes ! Yeeee-ha ! ;-)

J’ai déjà été quelques fois au club de sport, et c’est pas mal. Faute de pouvoir faire de la marche ou du vélo normalement dans cette « ville » dédiée à la voiture.

J’ai testé le parcours de 1/8e de Mile... même là il y a des drapeaux tous les 10m avec des citations de la Bible, et au cas où tu voudrais laisser aller tes pensées pendant que tu fais de l’exercice, eh bien non ! Pas possible ici !
Face aux instruments de torture (tapis roulant, vélo d’intérieur, tables de muscu, etc.) quatre télés sont suspendues. Il n’y a pas de son, il faut apporter tes écouteurs et te brancher au petit récepteur fixé aux appareils de fitness. Comme je n’ai pas l’habitude des salle de sport, tout est neuf pour moi.

Maintenant j’ai remplacé les cours d’anglais par le sport, et ça me fait plus de bien. La semaine prochaine, je retournerai chez Rex, le potier. J’irai de nouveau me geler les mains dans l’eau froide pour tourner des pots que je ne pourrai quand-même jamais rapporter en Belgique. Je me suis fait une raison, je me suis dit que au moins je ne perdrai pas la main pendant cette année.
Je vais faire des essais « chimiques » sur mes « trucs » et je vais essayer d’apprendre un maximum de choses de Rex. Il est fortiche dans tout ce qui est artisanat utilitaire : théières, tasses, plats, etc.


Pendant la semaine de décembre, dont je parlais juste avant, j’ai aidé Rex à construire un four au gaz. Je n’ai pas fait grand-chose, mais on m’a toujours dit que participer était déjà très bien. Donc, j’ai fait « très bien ». Il a fait moche un jour de cette semaine, je n’ai pas aidé Rex ce jour-là étant donné qu’on bossait toujours dehors.


Voici Rex posant durant une de nos nombreuses pauses...

Et enfin vendredi ! Le soir nous avons été boire de la vodka chez Rex. Plus tôt dans la semaine, il m’avait déjà offert des petits gobelets faits maison pour boire cet alcool. Et le soir, nous avons goûté les différentes sortes qu’il a dans son armoire. Sa femme, Toni, et ses enfants étaient là aussi. Mais les enfants ont été dormir à une heure raisonnable. Rex a suivi de près étant donné qu’il a fait des cocktails maison et les a bus assez rapidement! ;-) Nous avons donc terminé la soirée à discuter avec Toni.

Elle est d’origine cajun, mais n’a jamais parlé le cajun, le français local, à la maison. Ses grands-parents parlaient cajun entre eux. Mais ils ont vécu au moment où il était INTERDIT de parler français à l’école ou dans la cour de récré. Les gens qui parlaient français n’étaient pas considérés comme de
« vrais » Américains, un peu comme une « classe » inférieure. Les grands-parents de Toni n’ont donc pas parlé le français avec leurs enfants et ceux-ci n’ont donc pas pu le transmettre à leurs propres enfants.

De cette manière, le français a complètement perdu son aspect social et culturel. Toni a entendu ses grands-parents parler cajun, mais elle ne l’a jamais parlé. Elle fait partie de l’époque où l’état louisianais a introduit le français dans ses écoles. Mais avec qui les enfants allaient-ils parler le français en dehors de l’école? Pas avec leurs parents en tous les cas.
C’était trop tard, le mal était fait... le français et le cajun ne sont plus que des langues maintenues artificiellement. Aujourd’hui, Toni ne parle plus français étant donné qu’elle ne l’a jamais pratiqué.

David donne cours aux enfants de la quatrième génération. Il vous racontera tout ça dans un prochain épisode ! ;-)

Nous avons proposé à Toni d’étudier l’espagnol. Depuis l’ouragan, il y a de plus en plus de Mexicains en Louisiane : main d’œuvre bon marché pour la re-construction ! Et bien non, un refus catégorique. Elle ne veut pas apprendre cette langue : « ils n’ont qu’à apprendre l’anglais, ils sont aux USA ! »
Comme beaucoup d’autres Américains, elle les considère comme les
« Américains » d’il y a 70 ans considéraient ses grands-parents...

Karin
Commentaires
{ 1 }

Dans l'épisode pilote de la série Nip Tuck, y a un espagnol qui dit à un américain "quoi? Vous vivez à Miami et vous ne parlez pas espagnol! Faut sortir de chez vous mon vieux!"

Cela dit ... j'en connais qui vivent dans un pays o? circule une langue étrange appelée le néérlandais et qui ne le parlent pas! Que celui qui n'a jamais p'ché jette la première pierre!!!

PS: est-ce que Rex fait des tours? Assis Rex! Fais le beau! Couché Rex!

Marc

elmarek { janvier 26, 2006 2:59 AM }
{ 2 }

Il a l'air vachement sympa Rex!

Tu as dit à sa femme qu'elle pensait comme les Américains d'il y a 70 ans...?!

Pourrais-tu mettre des photos des poteries que tu fais, et celles de Rex?

Bisous


gé { janvier 27, 2006 4:21 PM }
{ 3 }

la dernière anecdote sur les langues est très symptomatique du problème de la francophonie. Merci pour ces infos.

horto { janvier 27, 2006 11:57 PM }
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