Karin Et David - Louisiane

mardi, le 27 septembre 2005, 15h24

Rita-21 septembre

p reparing for the hurricane
Mercredi, le 21 septembre 2005

Le soleil se couche sur Lake Charles, au moment où je couche ces lignes sur le papier... (ouaaaah, comment ça le fait... on dirait une pub pour Marlboro, ou l’intro d’un Blueberry). Nous ne savons pas à l’heure qu’il est si nous serons encore ici demain soir.

c ’est que Rita s’approche... Qu’elle souffle encore plus fort que sa sœur, la tristement célèbre Katrina... (on parle de force 5, contre 4 pour Katrina). Et que, selon certaines sources, sa trajectoire passerait par la paroisse de Calcasieu, dont Lake Charles fait partie. Et pourtant les gens d’ici vaquent à leurs occupations et personne ne semble céder à la panique. Nous faisons donc comme eux.

Les écoles de Calcasieu étaient fermées aujourd’hui. Et elles le seront demain et vendredi aussi. Et malgré les circonstances, ce n’est certainement pas moi qui vais m’en plaindre. Les 6 premières semaines de cours s’achèvent et je suis cla-qué.
On nous a dit que les bus scolaires de nombreuses paroisses avaient été réquisitionnés pour évacuer les gens qu’il restait à la Nouvelle Orléans. Parmi eux, il y a des gens à qui on venait de donner l’autorisation de retourner dans leurs maisons.

Cet après-midi, j’ai dû aller à l’école, histoire de préparer ma classe pour l’ouragan. On a donc débranché les pc, dégagé tout ce qui se trouvait devant les fenêtres et surélevé ce qui pouvait l’être.

Ensuite, nous sommes allés au Wal Mart, comme tout le monde, pour se préparer à évacuer ou à rester avec les risques que ça comporte : coupure généralisée et durable d’électricité, plus d’eau potable en cas d’inondation, et autres réjouissances...

On nous avait déjà signalé que ça se bagarrait littéralement dans le rayon d’eau minérale quelques heures auparavant. Plus aucune raison de se battre à présent : il n’y a plus rien ici. Les galons d’eau sont petit à petit remplacés par des glacières. Parce que ça ne fait pas bon genre, ici au pays de toutes les abondances, d’avoir des rayons vides dans les supermarchés. On pourrait se croire, au hasard, ... en Roumanie.
Et puis ça tombe bien, tiens, vu qu’il nous en fallait justement une de glacière !

Nous trouvons quand même des petites bouteilles d’eau qui coûtent 5 fois le prix des bidons. Mais on s’en contentera.
Puis, direction rayon « chasse, pêche et traditions » où devraient se trouver les accumulateurs de froid. On pille les dernières boîtes. Ouf, on ne devra pas jeter tout ce qui se trouve dans le frigo. Ou boire et manger tiède sur la route.
A propos de boire, on a acheté un jerrican de 26 litres et une gourde isothermique de 2 litres. Puis un sac pour notre PC portable qu’on compte bien emporter aussi.

Dernière étape : les bougies. Tout ce qu’on trouve est coloré, parfumé et donc cher...
Jusqu’à ce qu’on tombe sur les bougies pieuses. Vous savez, ces pots en verre avec une vierge ou un Jésus, remplis de cire avec une mèche au centre. Celles-là coûtent jusqu’à 10 fois moins cher que les autres (même le consumérisme est prosélyte ici aux Etats-Unis d’Amérique !). Bref, c’est tout choisi : on embarque Marie de Guadeloupe et ... Judas (si, si...). Avec ça au moins, rien ne peut plus nous arriver.

On rentre à la maison et on pense à ce qu’on mettra dans notre valise et à comment on chargera la voiture.

Le soir, on va manger un bout au restau japonais de Lake Charles, le « Miyuko » avec des amis. Et on discute stratégies et itinéraires d’évacuation : Nord, Nord-Est, Est ? Shreveport ? Memphis, Tennessee ? Natchez, Mississipi ? Certains parlent même de monter jusqu’à Atlanta (Géorgie).
Pour l’instant, le mot d’ordre est : on n’évacue que si c’est obligatoire.
On mange très bien et Karin et moi terminons la soirée devant un triste navet : « Matchstick Men » de Ridley Scott, qui a décidément cessé de me passionner depuis quelques films déjà.

C’est marrant, depuis hier, j’ai cette bête mais drôle chanson de Renaud qui me trotte dans la tête. Elle s’appelle Rita (chanson d’amour), c’est pour cela. Et elle dit ceci :

« Rita,
donne-moi ton cœur.
Rita,
donne-moi ta main.
Rita,
Donne-moi ta sœur. (Katrina ? Non, merci...)
Rita-a-a-a-aaaa!
Nous partons demain. »

Je sais que c’est con, mais ça me fait rire. Et c’est important de continuer à rire dans les moments pas drôles. Quoiqu’en disent les cons, les curetons ou les donneurs de leçons.

David
Commentaires
{ 1 }

Bonjour vous deux,

Votre récit est toujours aussi passionnant et cela fait plaisir de voir que vous gardez le moral. Attention à vous, Bruxelles doit vous paraètre bien morne. J'ai h‚te de passer à l'épisode suivant.

Bisous.

Christine.

Christine { octobre 2, 2005 8:07 AM }
{ 2 }

david je trouve decidément que ta vie est palpitante par rapport au petit train train de clair vivre amitiés

annette

annette looze { octobre 2, 2005 10:34 AM }
{ 3 }

Très chers Davis et Karin, nous sommes heureux de savoir que vous allez bien et surtout que vous gardez le moral...Votre aventure est plus passionante que les séries tv , donc nous attendons la suite avec impatience ! Bisous à vous , Isa, Kelly et Luca

Isa { octobre 3, 2005 3:43 AM }
{ 4 }

coucou cousin,cousine,suis super heureuse de voir que vous passez entre les mailles, d'abord de katrina,puis de rita sans encombre. Parait qu'il y a la troisième jumelle qui s'annonce. J'espère que c'est une blague. Pleins de bisous, maroussia.

Maroussia { octobre 4, 2005 3:51 AM }
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