Karin Et David - Louisiane

mardi, le 27 septembre 2005, 23h31

Rita-22 septembre

r unning away from Rita

Jeudi, le 22 septembre 2005

Part 1 “Hit the road, Jack!”

7 heures 30
Réveillés par le téléphone. En ce moment, c’est plutôt de mauvais augure. C’est Catherine, notre amie de Lafayette, qui veut savoir ce que nous faisons et où nous allons. Elle vient d’entendre le mot d’ordre d’évacuation obligatoire de Lake Charles et de toute la paroisse de Calcasieu. « Mandatory evacuation », comme ils disent ici.

c ette fois-ci au moins, les choses sont claires. On part. Plus d’ergotage ni de tergiversations. On s’extrait du lit. Douche express. Petit déj’ avec le nez dans la tasse de café, la main droite sur le clavier du pc, pour glaner les dernières infos, et les yeux pas encore tout à fait ouverts, rivés sur l’écran.

On empaquète tout ce qu’on a préparé dans une de nos valises. De quoi s’habiller pour les 3 ou 4 jours qui viennent. On consulte la liste de recommandations d’usage en cas d’ouragan. On range tout ce qu’on peut dans les différents « dressings » que compte l’appartement. Lit, matelat, table basse, télé, lecteur dvd, chaîne hi-fi, lampes, chaussures, tout est entassé dans ces placards bien volumineux. L’appartement paraît aussi vide qu’au 1er jour.

Nous avons plutôt de la chance à ce niveau-là, combien n’auront pas la possibilité de planquer quoi que ce soit ? Où même de se planquer tout court. Le téléphone sonne toutes les 5 minutes, et on se dit à peu près chaque fois les mêmes choses : Vous allez vers où ? Vous savez où loger ? Vous êtes prêts à partir ? Tu crois vraiment que ça va toucher Lake Charles ? etc.

A 10 heures, on est fin prêts. On sait où on veut aller. A Shreveport, tout au nord de la Louisiane, juste avant la frontière de l’Arkansas. Même si on n’y connaît absolument personne. Mais on est quasi sûrs d’être hors d’atteinte de Rita là-bas.
Le réservoir de la voiture est plein. Et il vaut mieux, car on nous annonce qu’au Texas, de plus en plus de stations essences sont à sec. Houston est en train d’évacuer. Et Houston, c’est 5 millions d’habitants. La voiture est pleine aussi : valise, couette, oreillers, P.C., jerricans d’eau et glacière sur la banquette arrière.

On prend la Old Highway 14, à l’est de Lake Charles, direction le nord. Vers la Highway 171, qui elle, monte jusqu’à Shreveport. Et au-delà.

A la sortie de Lake Charles commencent les embouteillages. Ils se répètent à peu près à chaque intersection avec un grand axe routier.

Et nous traversons tous les bleds, du sud-ouest au nord-ouest de la Louisiane. Le long du tracé de la Sabine River, frontière naturelle d’avec le Texas, dont on ne verra pas la moindre goutte. La route est quasiment toujours rectiligne, seuls les noms des villes sur les pancartes changent.

Moss Bluff, pas vraiment bluffante. Longville, tout sauf longue. DeRidder, qui veut dire le cavalier en flamand. Rosepine, bon ben... sans commentaire. Leesville, qui a l’air grande sur la carte, mais c’est tout.

Many, où il n’y a pas grand-chose contrairement à ce que son nom semble indiquer. Zwolle, au nom bien de chez nous. Converse, où on ne vend pas de baskets. Benson, où on ne fabrique plus de clopes depuis que Hedges s’est cassé. Mansfield qui, hélas, n’est pas la ville de Jane.
Stonewall, ... bah, assez de calembours pour aujourd’hui, non ? Et puis, Shreveport, la grande ville du nord de la Louisiane.

Comme dirait Kerouac, sur la route, il y a eu des visions, des gens, puis des voitures surtout. On ne croise quasiment personne qui roule dans l’autre sens.
Entre DeRidder et Leesville, le paysage commence à changer. C’est de plus en plus vallonné. Çà et là, on a même droit à une vue, chose impensable dans le sud de la Louisiane, à moins d’être sur un pont ou dans un avion. Plus on monte, plus les petits village ont du charme. Un charme désuet certes, de villes du Sud qui n’ont pas pu vivre à la hauteur de leurs ambitions. Mais qui y ont cru un moment. D’où les grands hôtels de ville, les rues commerçantes dont presque tous les magasins ont fermé, les cinémas de quartier fermés eux aussi. Restent les églises et les pompes à essence. A chaque arrêt, nous y faisons d’ailleurs le plein. Vu la carence en fuel que tout le monde craint et dont tout le monde parle.

David
Commentaires
{ 1 }

salut david,

je viens de recevoir ton adresse par Anita. Que d'émotion pour un début de séjour ! Je te donnerai de nos nws ds un petit mail et je donne biensûr ton adresse à Barnabé (qui avait réussi en juin sans examen de passage !

bisoux,

brigitte

brigitte { septembre 29, 2005 3:31 AM }
{ 2 }

salut aux instits sauvés des hurricanes!comment cela se passe-t-il là bas?je suis fort inquiète de la tournure des événements.Ton job,me paraèt si différent de chez nous et si absorbant, en serai-je capable? As tu des news des autres?Quid de Frédérique?Je lis avec interr't votre journal.a+

marie-paule { septembre 29, 2005 5:08 AM }
{ 3 }

Well,well que d'évènements !!

au moins vous aurez d'autres choses à nous dire que: Ils sont cons ces ricains ;)

a+!

Nico { octobre 3, 2005 4:25 AM }
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