Karin Et David - Louisiane

mardi, le 4 octobre 2005, 22h35

Une semaine d'évacués à Lafayette

u ne semaine de vacances forcées à Lafayette
du 26 septembre au 4 octobre 2005

Le lundi 26 septembre, nous quittons Shreveport pour Lafayette.
Nous avons eu des nouvelles de nos copains de Lafayette, ils ont évacué pendant quelques jours. Mais ils ont pu rentrer assez rapidement chez eux. L’électricité n’a été coupée que brièvement. Les écoles n’ont été fermées que le lundi.

n ous voilà donc, de nouveau en route, avec nos valises dans le coffre et la glacière remplie sur le siège arrière. Nancy et Thierry nous devancent sur l’autoroute, Juan et Anna sont partis très tôt le matin vers Sulphur, pour essayer de voir si leur maison a subi des dégâts. Ils n’auront pas pu la voir ce jour-là. Les barrages de police les en empêchant. La route est rectiligne et il fait chaud... chaud...

Nous arrivons à Lafayette vers 18h. David et moi sommes accueillis comme des rois chez Catherine et sa fille Valentine (leur chienne Élise et leur perruche Pluche). Nancy et Thierry et leurs trois enfants trouvent refuge chez Richard, un prof français.

La semaine se résume à du repos bien mérité, des soirées sympas, des sorties (première fois au ciné depuis notre arrivée sur le sol américain !!!) et des démarches administratives.

David n’avait toujours pas reçu son numéro de sécurité sociale, nous avons donc été au bureau en question et il l’a obtenu. Une bonne chose de faite, étant donné qu’il le faut pour quasi toute autre démarche.

Le jeudi 29 septembre, nous tentons quand même l’aller-retour à Lake Charles. Nous quittons, l’équipe de Shreveport au complet, Lafayette à 9h du mat’. Au fur et à mesure que nous nous approchons de Lake Charles, nous voyons les ravages qu’a faits Rita : panneaux publicitaires déshabillés ou complètement tordus, toits arrachés, arbres déracinés, bateaux échoués au bord du lac, vitres cassées, etc.

Les sorties d’autoroute pour Lake Charles sont toutes fermées par des barrages de police.

Nous continuons vers Sulphur, bourgade plus à l’Ouest. Heureusement, la majorité des routes ont été dégagées des arbres et autres pylônes électriques.


Les travaux de réparation ont déjà commencé

On va voir la maison de Juan et Anna. Elle est en parfait état, malgré la menace des trois gros arbres autour ! Ouf, premier soulagement ! Ils ont l’eau courante, mais pas d’électricité (bizarre, non ?). Nous vidons leur frigo, jetons tout le contenu et aspergeons de l’eau de javel dedans et autour. On rassemble les grosses branches tombées dans leur jardin. Vu les dégâts dans leur rue, ils ont eu de la chance, bonne exposition, pas dans l’axe de Rita. D’autres maisons n’ont pas eu cette chance. Quelques voisins sont également venus chercher des affaires. Ils remplissent leurs trucks et autres véhicules.

Nous reprenons l’autoroute direction Lake Charles. Tiens, de ce côté-ci de l’autoroute, il y a une sortie ouverte, sans voiture de flics dans les parages. On n’hésite pas, on y va ! Ça fait bizarre de voir une ville vide et détruite. Nous ne croisons que quelques voitures de civils, les autres sont des camions et jeeps de l’armée. Par ci, par là, on voit des campements militaires sur des parkings. Des parkings d’habitude remplis de voitures de touristes ou de consommateurs.

Ici aussi, la majorité des routes sont dégagées. Néanmoins, certaines petites rues témoignent de ce à quoi la ville entière devait ressembler : pylônes et arbres au sol, déchets en tout genre et morceaux de toits nous bloquant le passage.

Nous arrivons sans trop d’encombres à l’étape suivante : le complexe d’appartements de Nancy et Thierry. Des tuiles de roofing partout par terre, des poubelles ont été projetées contre des façades, des gouttières arrachées,...

On rentre dans leur appartement, ça va, leur frigo ne pue pas trop ! Par contre, de l’eau s’est infiltrée dans les murs et plafond. Heureusement, ils avaient rassemblé leurs affaires dans des parties de l’appartement qui n’ont pas été touchées. On nettoie, on jette, on « javelise » !
Deuxième soulagement... pas vraiment... mais ils relativisent, il ne reste rien d’autre à faire !
Dans le complexe, nous voyons déjà des camions et ouvriers du bâtiment. Ils sont, bien sûr, armés de générateurs d’électricité. Partout dans Lake Charles, nous voyons des petits panneaux publicitaires pour des entreprises de reconstruction et des couvreurs. Cynisme ou business ?

En route pour la dernière étape : notre complexe d’appartements. On se dit que, étant donné qu’il est plus ancien que celui de Nancy et Thierry, on risque de fameuses surprises ! Le spectacle est à peu près le même : tuiles et arbres au sol. Et notre appartement n’a rien ! Il est en parfait état. Et vu de l’extérieur, le toit a l’air d’avoir tenu. Ouf ! Par contre, nous gagnons le concours du frigo qui pue le plus ! David avait reçu, il y a deux semaines, un demi-cerf congelé d’une collègue. Le mari ET le fils de cette dernière, chassent ! Comme, je suppose, la majorité des hommes et enfants du coin. Il suffit de voir les rayons des magasins : articles de chasse (flingues de toutes tailles), de bivouac, magazines de chasse etc. Et naturellement, cette bête a dégelé et ça PUAIT ! Et l’odeur ne quittait pas le frigo ni la cuisine. Eau de javel dose maximale n’a pas suffi. On verra/sentira quand on reviendra !

Dans notre complexe, deux petits chiens erraient... tout mignons. Louise et moi les caressons et demandons à plusieurs personnes présentes dans le complexe s’ils ne leur appartiennent pas... Un voisin leur donne du jambon. Les chiens n’ont pas de tatouages, ni de collier. Ohlala, ça nous fait mal au cœur ! C’est un autre aspect de l’ouragan ! Quand David et moi quittons enfin notre appartement, après avoir rempli deux valises, les chiens sont partis. J’espère qu’ils trouveront une bonne âme...


Entre Lake Charles et Lafayette

Nous rentrons le soir à Lafayette, crevés et désolés.

Vendredi, le 30 septembre,
le salaire de David est payé directement sur son compte. Youpiiiiiii !
Tous les jours, les enseignant de la paroisse de Calcasieu, guettent les informations sur internet. Dernières nouvelles : pas d’école pendant 3 à 4 semaines.

Tous les évacués ont droit à des « food stamps », nous dit-on. L’idée de tickets de nourriture aux Etats-Unis en 2005, ça fait anachronique et incongru! Bon, on trouve un dôme de plus où nous devons faire la queue et remplir un formulaire de plus. Nous devons nous asseoir sur les gradins par rangée. Les derniers arrivés s’assoient sur la rangée du haut, les premiers arrivés sur la première. Les militaires armés appellent la première rangée et la dizaine de personnes peut descendre dans le parterre du dôme. Dans le parterre, des tables sont disposées en un grand cercle avec des bénévoles assis du côté du centre du parterre. Les évacués s’assoient de l’autre côté des tables, en face des bénévoles. Quand c’est notre tour, nous nous asseyons en face d’une dame et finissons de remplir le formulaire avec elle. Nous avons l’honnêteté de dire que David vient d’être payé et donc... nous n’avons pas droit au « food stamps ». David gagne trop pour nous deux ! Bon, ben, tant pis !

Nous avons également droit à des allocations de dédommagement pour déplacés. David donne le coup de fil qu’il faut et un chèque nous sera envoyé à l’adresse de Catherine. Allez, quand-même ça ! ;-)

« Goodwill », style « armée du salut », propose des produits de première nécessité à tous les évacués. Je montre ma « driver’s license » à l’entrée et je peux rentrer dans ce hangar transformé pour l’occasion en pseudo-magasin « gratuit ». Catherine qui m’avait accompagnée, n’avait pas le droit d’entrer. Des vêtements sont accrochés sur des cintres, de la nourriture en boîte est rangée sur des étagères á côté des langes et des dentifrices. Je prends quelques boîtes de conserve, du dentifrice, du savon, des crayons de couleur, un drap et je me régale dans le coin « livres ». J’ai hésité à prendre un livre sur « comment se soigner du communisme et comment éviter de se faire endoctriner » ! ;-)
Bref, avant de sortir, la dame note combien je prends de nourriture. C’est bon, je n’ai pas exagéré et je peux sortir avec mon énooorme sac en plastique à peine rempli.

Et comme vous avez pu vous en rendre compte, nous avons aussi eu le temps de mettre notre site à jour cette semaine ...

Karin
Commentaires
{ 1 }

Le truc vraiment bien c'est que s'il ne s'était rien passé, s'il n'y avait pas eu d'ouragan, vous n'auriez rien à raconter sur le site. J'espère que vous aurez droit à un tremblement de terre le mois prochain sinon on risque de s'ennuyer un peu en vous lisant!

Elmarek { octobre 5, 2005 1:18 PM }
{ 2 }

Ne dit-on pas qu'il faut laisser faisander le gibier ? Le cerf en tout cas devait l''tre fameusement ! Vous nous avez bien fait rire. On a pensé à vous lundi soir au concert de Keren Ann à l'Olympia. C'était génial de chez génial. On pense bien fort à vous.

Bisous.

Mam/Anne & DD { octobre 5, 2005 3:10 PM }
{ 3 }

Contents de vous savoir en bonne santé !

Bernard & Odile

Bernard & Odile { octobre 5, 2005 5:24 PM }
{ 4 }

ja schat, ge hebt zeker nog nie veel tijd gehad om een potje te draaien! Het is leuk jullie verhalen te lezen dankzij de humor, gelukkig dat jullie die meegenomen hebben ! Ik hoop dat alles weer goed komt, terug aan het zwembad, etc ... oh ja ...restaurant is open sinds zat 8/10 met veel stress maar geslaagd! Greetz from Halle

Tania { octobre 9, 2005 4:20 AM }
{ 5 }

Bonjour les rescapés !

Que d'émotions ... Que de souvenirs vous vous préparez ... Pas de doute quand vous serez bien, bien vieux au soir à la chandelle, vos causeries serons du tonnerre !

Je vous souhaite qq moments de calme afin de récupérer.

Bisous

Babou

babou { octobre 11, 2005 6:49 AM }
{ 6 }

Celui qui veut bien vivre, bien dormir, bien manger, bien s'habiller, il doit mettre sérieusement la main au portefeuille. Cela casse évidemment le mythe de la vie bon marché aux USA!!

joel { octobre 11, 2005 7:57 PM }
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